La plus classique des chanteuses qu'on appelle aussi "La grande Dame du Jazz" fera le spectacle de clôture du Festival. Elle sera accompagnée de: Paul Smith (piano), Keter Betts (contrebasse) et Bobby Durham (batterie).
La plus classique des chanteuses, celle que les musiciens appellent affectueusement "La grande dame du jazz" est née à Newport News (Virginie) en 1918. Elle fût élevée dans un orphelinat de New-York - c'est là qu'elle apprend l'art vocal par le biais des chants religieux. En 1934, alors qu'elle a seize ans, Ella participe et gagne au concours organisé par "l'Apollo Theater" de Harlem.
Ella chante avec tellement de naturel et de justesse, que le chef d'orchestre Chick Webb l'engage peu de temps après l'avoir entendu à l'Apollo. D'emblée, elle se révèle une chanteuse d'orchestre née. Elle a une voix puissante, doublée d'une forte présence scénique. Rapidement, Ella Fitzerald devient le centre d'attraction de l'orchestre: le grand mérite de Chick Webb - qui était également le batteur de l'orchestre - est de ne pas avoir pris ombrage de cet aspect. Mieux, par ses précieux conseils, il insuffle à la chanteuse encore plus d'assurance. À la mort de Webb en 1939, Ella Fitzerald refuse une proposition fort alléchante de Benny Goodman, pourtant à la tête de la formation la plus en vogue de cette époque. Elle prend alors le poste laissé vacant par Webb, consciente, comme l'écrit un observateur, que "...c'est indubitablement sa présence dans l'orchestre, pour les spectacles comme pour les enregistrements (après le printemps de 1936), qui catapulta l'ensemble jusqu'à un succès soudain, inattendu, mais parfaitement justifié"... Le gros "hit" de cette année 1939 s'intitulait "My Heart belongs to daddy", et c'est Ella qui le chantait.
Elle gardera cette fonction de chef d'orchestre jusqu'en 1942, année où elle décide, épuisée, de cesser ce métier de fou. De toute manière, adulée tant par les musiciens que par le public, Ella, la vedette internationale, peut désormais déléguer à autrui l'organisation de sa carrière, tout en gardant un oeil intègre et critique sur les décisions. En 1946, Ella entre dans le très aristocratique J.A.T.P. (Jazz At The Philarmonic), mené par Norman Granz. Dans le monde entier, elle trouve une foule d'administrateurs séduits par son phrasé et sa perfection vocale, sa présence sur scène et son assurance. À partir de 1950, Ella Fitzerald devient et reste l'artiste de jazz la plus adulée avec Louis Armstrong. Ensemble, ils enregistreront le mémorable "Porgy and Bess". La liste des pianistes qui l'accompagnent constitue en soi un pan énorme de l'histoire du jazz: Oscar Peterson, John Lewis, Hank Jones, Tommy Flanagan, Jimmy Rowles et aujourd'hui, Paul Smith. Quoi encore? Les grands orchestres? Elle enregistre avec Ellington, qui lui dédie un "Portrait of Ella Fitzerald" en 4 mouvements et tout récemment, elle proposait une nouvelle production avec Count Basie, "A perfect Match" sur étiquette Pablo. Que peut-on demander de plus?
Le 9 juillet, c'est un rendez-vous avec le talent et quarante-neuf ans d'histoire du jazz.