Celui qu'on surnomma "The Sound" s'entoure de musiciens hors-pair pour nous communiquer ses plus récentes pièces. Avec:
- Stan Getz, saxophone ténor;
- Victor Lewis, batterie;
- Marc Johnson, contrebasse
- Jim Mc Neely, piano.
Michel Donato, le lauréat du concours de Jazz 1982 nous revient cette année avec en prime un excellent premier album. C'est en 1961 que commence la carrière de ce bassiste montréalais qui -à cette époque- faisait partie du trio maison du club "Jazz-Hot". Cet engagement sera l'occasion pour Michel Donato d'accompagner tous les grands du jazz: Zoot Sims, Sonny Stitt, Harry Edison. Sa virtuosité lui vaut des engagements prestigieux auprès des grands du piano: Bill Evans et Oscar Peterson. Avec ce dernier, il enregistra un disque durant une tournée au Japon. Un long séjour à Toronto lui permet d'élargir sa connaissance du répertoire auprès de musiciens fabuleux comme: Sonny Rollins, Kank Jones, Jimmy Rowles, Clark Terry, etc. Cette année, Michel Donato jouera en compagnie de la chanteuse Karen Young au Grand Café et présentera avec son quintette de nouvelles compositions en première partie du spectacle de Stan Getz.
STAN GETZ
À New-York, il y a un peu moins de 90 boîtes de jazz. Nommons-en une: le Colby's, sur Berklee Street, situé tout près de l'ancien "Bar à Dédé". C'est pas des farces, mais du réalisme social. Une chose est sûre, Stanley Getz était l'invité du Colby's en ce vendredi soir de mars 1978. On ne sait plus s'il avait plu ou chauffé cette journée-là, mais le Colby's était noir de monde, ce qui ne lui arrivait pas si souvent.
Stan Getz est né à Philadelphie, le 2 février 1927. À l'âge de 15 ans, pour la première fois dans sa vie, son ténor lui rapporte des dividendes: il vient d'être engagé par Dick "Stinky" Rogers. Quelques années plus tard, Stan Getz joint son talent aux orchestres réputés de l'époque: Benny Goodman, Stan Kenton et Jimmy Dorsey. Il grava son premier succès, "Early Autumn", aux côtés de Woody Herman. Au sein de ce big-band, on retrouvait, outre Stan Getz, Zoot Sims, Herbie Stewart, Serge Charloff et Jimmy Giuffre; on les surnommait "The brothers". Cette joyeuse corporation écumait la côte ouest des U.S.A. pendant qu'à l'est, Parker, Dizzy et compagnie pirataient la 52ième rue de New-York. Très dérangés par tout ce vacarme, on s'efforça, par l'intermédiaire de journalistes ou critiques, d'élaborer et d'entretenir une stratégie de confrontation qui, aujourd'hui encore, reste nébuleuse. Parce que d'une part, on avait hâtivement qualifié un style musical de "cool" et que d'autre part, il y avait le "Be-Bop", on a pensé refaire une bataille analogue à celles maintes fois provoquées dans d'autres lieux artistiques. Heureusement, des musiciens comme Stan Getz, moins dupes que ne le crurent les notables de l'époque, surent avec brio et indifférence contourner le guépier dans lequel on essayait de les isoler.
C'est ainsi que Stan Getz se retrouva en 1949, à la tête de son propre orchestre: un quartet qui avait comme pianiste le futur pape du jazz funky, Horace Silver. A ceux qui s'étonnèrent de ne plus entendre la sonorité pure et suave qu'ils avaient béatement admirée auprès de Woody Herman, Stan Getz s'empressait de rappeler qu'il avait fréquenté le bitume new-yorkais, chauffé par Charlie Parker, avant le sable fin de Loz Angeles. "S'ouvrir à toutes les choses de la vie est indispensable", disait-il.
En 1962, il commence une série d'albums composés de Bossa-Nova. Les puristes, outrés, se détournèrent de celui qu'on avait surnommé autrefois "The Sound"... Encore une fois, on voulait cantonner un musicien dans une voie spécifique!
La suite allait être riche en rebondissements. Stan Getz délaisse la "bossa-nova" et nous fait part d'une autre facette de son talent: le flair. C'est auprès de Stan Getz que Chick Corea, Gary Burton, Joanne Brackeen, Stanley Cowell et Mike Richmond esprimèrent leurs talents respectifs pour la première fois de leurs carrières.
Ce sont de jeunes musiciens que nous présentera Stan Getz le 8 juillet prochain: Victor Lewis à la batterie (ancien compagnon de Woody Shaw), Marc Johnson (dernier contrebassiste du pianiste Bill Evans) et John McNeely au piano; c'est avec eux qu'il enregistra son dernier disque "The Master".