Les Québécois aiment le blues, allez savoir pourquoi ? Il y a dans cette musique de l'âme et du coeur, cette musique qui n'invite pas au compromis, un ingrédient inavouable qui semble faire mouche sur notre inconscient collectif. Serait-ce que le blues ne se défausse pas devant le message de vérité qu'il s'oblige à porter, du plus intime au social ?
Toujours est-il que notre territoire national a vu se multiplier les événements consacrés à cette musique à laquelle plusieurs adhèrent sans pour autant connaître ceux qui la jouent. Pour preuve, de soir en soir au Festival depuis des décennies, la popularité de la scène consacrée au blues ne se dément pas. Les vétérans du genre et les inconnus ici qui y sont programmés attirent les foules. Ça tient du phénomène.
Depuis cinq ans, parallèlement au Festival, se tient le Camp de Blues où 55 jeunes regroupés en six formations, font des apprentissages le jour (composition, jeu en groupe etc.) et assistent à des événements en soirée. À la fin, ces groupes nouveaux présentent le fruit de leur travail sur la grande scène TD du Festival. Ces jeunes, qui ne feront pas tous profession de musique bien sûr, s'épanouissent dans cette réalisation. Cet album a entre autres pour vocation le financement du Camp de Blues.
Nous avons voulu par ce disque, à l'instar de celui qui célébrait le jazz à Montréal l'an dernier, créer une rencontre entre plusieurs stars québécoises et le blues. Il y a ceux qui causent la surprise, ceux qui s'y glissent tout naturellement ainsi que ceux qui, en francais, ont donné à notre culture ses plus beaux moments blues sur disque.
Le héros de cette agréable cause a pour nom Paul Deslauriers. Guitariste au doigté infini, arrangeur hors-pair, il a eu pour mission de créer la magie de ces rencontres. Sans son expertise et son enthousiasme, cette belle somme de musique ne serait certainement pas la même. Lui et ses amis musiciens ont su procurer à chaque nouvelle piste où ils ont travaillé la juste couleur.
S'ajoutent à ces nouvelles interprétations des morceaux d'anthologie que nous ne voulions pas laisser passer. Le Québec « bluese » depuis longtemps et ceux qui s'y sont adonné avec maestria se devaient d'être salués. Ils le sont dûment.
Merci à tous pour cette belle aventure qui vient encore nous rappeler que, dans ce pays pas comme les autres, le talent fleurit depuis longtemps et comme jamais maintenant.
André Ménard et Jacques-André Dupont
Nos stars chantent le blues à Montréal :
- Shake Your Money Maker, Yann Perreau (avec la chorale du Camp de blues)
- Midnight Special, Zachary Richard
- Aline, Patrick Huard
- You Can Have My Husband (Don't Mess with My Man), Nadja
- Who Do You Love?, Jonas (avec Frank Marino)
- Bordeaux Beach Blues, Plume Latraverse (Contribution récente)
- Les Blues d'Elvis, Mario Pelchat (avec Paul Deslauriers)
Medley : Heartbreak Hotel, Reconsider Baby, Lawdy Miss Clawdy
- I Just Want To Make Love To You, Catherine Major (avec Steve Hill)
- Blue Valentines, Éric Lapointe (avec Stéphane Dufour)
- Bad To The Bone, Dan Bigras
- Que-Can Blues, Robert Charlebois (Piste souvenir 1974)
- Dimanche Blues, Offenbach (Rareté inédite 1976)