La pop
Apparue dans les années 1950 aux États-Unis, la musique pop –
abréviation de popular music – puise sa source dans les mélodies
folkloriques de plusieurs peuples, dont les ballades irlandaises, ainsi que dans
le gospel et le country.
Les célèbres compositeurs américains George Gershwin
et Cole Porter ont contribué à forger le style, ouvrant
la porte au format court qui impose de tout dire en moins de trois minutes. Une
mélodie accrocheuse et souvent romantique, une succession refrains-couplets,
le tout soutenu par un riff de guitare, de cuivres ou de claviers; voilà
la recette gagnante de la pop.
Dans les années 1950, la fusion de ce type d'enregistrements courts avec
le R&B pratiqué par les Platters ou les Drifters,
par exemple, donne à la pop des balises qui, un demi-siècle plus tard,
seront toujours pertinentes.
Les artisans du début des années 1960 progressent à vitesse
grand V. Grâce aux auteurs-compositeurs et arrangeurs Leiber & Stoller
(Ben E. King,
Elvis, The Coasters...), à la maison
Motown (The
Four Tops, The Supremes, Marvin Gaye,
Stevie Wonder...) et au producteur new-yorkais Phil Spector
(The Ronettes), la pop prend du galon.
Beatlemanie !
Puis un ouragan nommé Beatles frappe le monde de plein fouet
en 1964. Le groupe de Liverpool développe son plein potentiel sur les albums
Rubber Soul (1965), Revolver (1966) et Sgt Pepper's Lonely Hearts
Club Band (1967), qui jettent des ponts entre pop et rock.
Le genre atteint alors sa maturité et fait preuve d'une élégance
et d'une sophistication jamais égalées en matière d'arrangements
et de sonorités. Impossible d'ignorer l'apport substantiel des Beach
Boys avec l'album Pet Sounds (1966), né du génie
de Brian Wilson. D'autres formations suivent la tendance en
Angleterre (The Hollies ou The Zombies) ainsi
qu'aux États-Unis (The Mamas & the Papas et The
Byrds)
À partir de la fin des années 1960, la pop revêt une couleur
péjorative et se voit considérée comme une musique facile et
un produit de consommation, ce qui l'oppose au rock et à ses dérivés.
Pendant les années 1970, le genre tourne à vide et même
ses plus grands noms – pensons à l'ex-Beatle Paul McCartney
– peinent à se renouveler. Exception intéressante : le
groupe suédois ABBA qui, à partir de 1974, remporte
un succès planétaire.
Au début des années 1980, on observe une sorte de renouveau avec l'arrivée
de la techno-pop britannique, popularisée par des groupes comme Duran
Duran, Depeche Mode et Eurythmics.
Dans les années 1980-1990, la tendance est à la promotion massive
d'artistes et de vidéoclips. Michael Jackson, sacré
« Roi de la pop », et Madonna en sont de
bons exemples. Au tournant de la décennie 2000, plusieurs émissions
de téléréalité, comme Star Académie,
surfent sur la vague du courant pop.
Populaire, le Festival !
De passage au Festival, plusieurs artistes jazz, blues, folk, rock ou world flirtent
avec la pop pour accoucher d'une musique à la fois accessible et rassembleuse.
Les exemples abondent, que l'on pense à Sting, qui a effectué un passage
marquant en 2000, à
Prince, qui a cassé la baraque en 2001, ou à
Paul Simon,
programmé au Festival en 2006, et objet d'un concert hommage la même
année.
Coqueluche des festivaliers, le pianiste et chanteur britannique Jamie Cullum a offert des concerts remarqués
en 2006 et en 2009, tout comme la violoncelliste et chanteuse Jorane , qu'on a pu entendre pour la
première fois en 2002, et le chanteur Corneille, en 2007.
Mentionnons aussi plusieurs grandes dames du blues et du jazz, dont Coral Egan, Norah Jones et Diana Krall, qui, à chacun de
leurs passages, réussissent à teinter leur style propre d'une pop
élégante et racée.
Enfin, en 2009, l'immense
Stevie Wonder a livré un spectacle mémorable
lors duquel il a rendu un vibrant hommage à Michael Jackson,
disparu peu de temps avant le début de la 30e édition du Festival.