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La musique lounge

La musique lounge

Le lounge voit le jour durant les années 1950 aux États-Unis. Le genre désigne alors une musique douce et relaxante jouée dans les hôtels ou les cabarets à la mode. Comme l’exotica et la space age pop, proches cousines auxquelles elle emprunte allègrement, la musique lounge se range sous le vaste chapeau de l’easy listening. Après le succès des artistes de la première vague (Les Baxter, Juan Garcia Esquivel), le lounge réapparaît dans les années 1990, remis au goût du jour des artistes comme Pink Martini et Stéphane Pompougnac.

Débuts

Apparaissant dans le sillage du swing et des big bands, le lounge se caractérise par ses airs jazzy à la fois accessibles et riches sur le plan de l’écriture et des arrangements. Déclinaison de l’easy listening des années 1950 – une musique populaire qui distille des mélodies instrumentales légères, léchées et accrocheuses –, le lounge est marqué par l’avènement de la stéréophonie et profite de l’engouement pour les nouvelles technologies sonores.

Plusieurs artistes ont marqué l’époque, que l’on pense à Henry Mancini, compositeur du légendaire thème musical de La panthère rose, ou encore à Burt Bacharach, figure marquante de la musique populaire américaine des années 1960. On doit à ce dernier la trame sonore du film James Bond - Casino Royale. Citons également le trompettiste américain Herb Alpert et le musicien brésilien Sergio Mendes, qui flirtent avec le worldbeat et les rythmes latins, se rapprochant ainsi de l’exotica.

L’exotica et la space age pop

L’exotica constitue en quelque sorte une sous-catégorie « audacieuse » de l’easy listening et du lounge. Rythmes hawaïens, cubains ou brésiliens, percussions africaines, xylophones et vibraphones : la quincaillerie de l’exotica évoque un monde d’exotisme tropical doux et relaxant, dont la forme digeste et populaire plaît au public américain des années 1950-1960.

Yma Sumac

Le musicien et compositeur américain Les Baxter s’impose comme un artiste-phare du courant, enregistrant de nombreux albums, dont Ritual of the Savage en 1951. Le pianiste américain Martin Denny, le vibraphoniste et joueur de marimba américain Arthur Lyman et l’incroyable chanteuse péruvienne Yma Sumac, dont la voix se déploie sur quatre octaves, sont d’autres figures iconiques de l’exotica.

Le lounge s’abreuve également à la fontaine de la space age pop, une deuxième déclinaison « osée » de l’easy listening. En plus de se montrer sensible aux rythmes latins, le genre s’intéresse davantage à la dimension futuriste des sons et use au maximum des effets sonores et vocaux qu’offre la stéréophonie. Les albums Exploring New Sounds in Stereo (1958) et Infinity in Sound, Vol.1 (1960), du compositeur et pianiste mexicain Juan Garcia Esquivel, un pionnier de la space age pop, en sont des exemples éloquents. Le duo Perrey-Kingsley, qui explore les sonorités électroniques, se démarque également avec l’album The In Sound from Way Out! en 1966.

Le revival des années 1990

Après être tombé dans l’oubli pendant une longue période, l’exotica et la space age pop reviennent en force dans les années 1990. Esquivel vit une deuxième lune de miel avec le public et sort notamment l’album See It in Sound, un inédit enregistré en 1960. Certains opus de Martin Denny sont également réédités. Dans cette foulée, le groupe américain Combustible Edison, inspiré par Esquivel, produit plusieurs disques entre 1993 et 1996, tandis que la formation The Gentle People, basée aux États-Unis, retient l’attention avec une musique d’ambiance électronique planante.

Pink Martini

Depuis le succès du disque Sympathique paru en 1997, la formation américaine Pink Martini, qui compte une dizaine de musiciens, participe activement au revival du lounge, alliant avec brio chant, piano, trompette, violon, vibraphone, congas, etc.

La tendance est également aux albums compilations offrant une musique branchée, cosy et élégante. Parmi les plus connus, notons la collection Buddha-Bar, qui mise notamment sur les sonorités world ou orientales, ainsi que la série Café Del Mar, qui réunit des artistes aussi variés que Paco de Lucía, Moby ou Dido.

Sans oublier la série d’albums Hotel Costes du DJ français Stéphane Pompougnac, qui voit de nombreux d’artistes – Seven Dub, Tosca, Gotan Project, etc. – proposer une électro-lounge raffinée et sensuelle. Les remix à la sauce lounge de standards jazz, pop ou rock ont aussi la cote. De son côté, la compilation Supreme Lounge regroupe des musiques de films et des chansons de Vladimir Cosma ou Ennio Morricone. Au Québec, les albums Café Méliès mettent de l’avant des artistes canadiens tels qu’Adam Chakra, Ramasutra ou Bet.e & Stef.

Force est de constater que le vocable lounge regroupe aujourd’hui un éventail de styles. Toutefois, qu’il s’inspire de l’électro, du jazz, des ambiances latines ou des mélodies down tempo comme le chill out, le genre évoque une musique d’ambiance relaxante, agréable et bien ficelée.

Le lounge au Festival International de Jazz de Montréal

En 1997, deux grandes légendes ont rendu visite au Festival : Yma Sumac et Herb Alpert. Tandis que la déesse inca soulevait la foule avec sa voix envoûtante, Alpert et son groupe The Tijuana Brass performaient aux côtés des formations Irakere et Los Van Van. Deux ans plus tard, le duo américain Thievery Corporation offrait aux festivaliers quelques morceaux électro-lounge de son premier album, Sounds from the Thievery Hi-Fi.

Bet.e

Si elle s’est fait connaître en duo avec le guitariste Stef, Bet.e roule aujourd’hui sa bosse en solo. Pour les 30 ans du Festival, la reine québécoise de la bossa est venue présenter l’album Becoming, qui distille une musique suave aux influences soul. Le chanteur et guitariste argentin Federico Aubele nous a également ravi l’oreille avec mélodies latines mâtinées d’électro. Toujours en 2009, le trio Pacifika, fondé par la chanteuse d’origine péruvienne Silvana Kane, a interprété des pièces d’Asunción, un premier album mêlant flamenco, électro et new wave. Enfin, impossible d’ignorer la venue de Pink Martini, qui, après des passages remarqués en 2005 et 2007, a récidivé en 2009, accompagné d’un orchestre de 51 musiciens.

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