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Chucho Valdés, Eliane Elias et Gonzalo Rubalcaba

La musique latine

La musique latine englobe une ribambelle de styles musicaux tels que le son cubain, le mambo, la bossa-nova, le tango et la salsa - sans oublier le rock et la pop hispanophones. De Mario Bauza à Tito Puente en passant par Chucho Valdés et Gilberto Gil, les figures marquantes du genre sont nombreuses. Tour d'horizon sommaire de cet univers musical foisonnant, avec une attention toute particulière portée au jazz latin.

Le jazz latin

La petite histoire

Le jazz latin, une déclinaison riche et fertile de la musique latine, renvoie généralement aux rythmes afro-cubains, déployés à l'aide d'instruments de percussion que les esclaves africains ont recréés à Cuba à partir du 16e siècle. Sur l'île des Caraïbes, l'arrivée massive des Africains provoque un métissage ethnique et culturel qui pose les fondations du jazz latin contemporain.

Après l'abolition de l'esclavage en 1886, plusieurs musiciens noirs cubains se dirigent vers la Nouvelle-Orléans, apportant avec eux la habanera, un genre musical local qui, selon plusieurs sources, serait précurseur du ragtime et du blues.

Puis, lorsque l'Espagne perd Cuba au profit des États-Unis en 1898, beaucoup de musiciens noirs américains découvrent l'île et ses musiques populaires, telles que la guaracha ou la rumba. Parmi eux, le bluesman W.C. Handy est charmé par la clave, un rythme qui guide la mélodie de plusieurs musiques latines. C'est ainsi que la clave cubaine pénétrera des œuvres marquantes telles St. Louis Blues du même Handy, ainsi que Tiger Rag de Louis Armstrong, et New Orleans Joys de Jelly Roll Morton.

New York, New York

En 1917, la nationalité américaine est octroyée aux Portoricains qui affluent vers New York, permettant, vers les années 1930, la formation des premiers orchestres de musique latine, ainsi que la rencontre plus « formelle » du jazz avec les rythmes afro-cubains.

Cab Calloway C'est à cette même époque que débarque le trompettiste cubain Mario Bauza, un des pères du jazz latin. Au sein des orchestres de Chick Webb, Don Redman et Cab Calloway, Bauza explore la fusion des syncopes du jazz américain et des rythmes cubains.

Dans la foulée, le percussionniste Machito fonde le légendaire orchestre Machito and His Afro-Cuban Orchestra, au sein duquel Bauza assure la direction artistique. Il s'agit de la première formation à marier harmonies de jazz et section complète de percussion afro-cubaine. En 1943, Bauza compose Tanga, une œuvre marquante dans l'histoire du jazz afro-cubain.

L'influence de Dizzy

Dizzy GillespieAmoureux du genre, le célèbre trompettiste de jazz américain Dizzy Gillespie intègre les percussions afro-cubaines au be-bop, dévoilant ainsi les charmes du cu-bop au grand public. En 1947, Gillespie et le percussionniste Chano Bozo enregistrent la chanson phare Manteca.

Comment passer sous silence la contribution du trompettiste Chico O'Farrill, compositeur d'une foule d'arrangements. Ou, un peu plus tard, l'apport du pianiste Chucho Valdés, fondateur du groupe Irakere, qui mêle jazz, rock et rythmes afro-cubains, sans oublier le travail de l'immense Tito Puente, roi des timbales, qui s'est illustré pendant plus de cinq décennies.

Au cours des années 1980-1990, on constate une recrudescence des big bands de jazz latin - Gillespie assemble l'United Nations Orchestra, l'ensemble de Bauza sort l'opus My Time Is Now, Tito Puente organise le Golden Latin Jazz All Stars – et le succès du disque Buena Vista Social Club, paru en 1997, remet sur la mappe des géants oubliés de la musique cubaine.

Nouvelle génération

Gonzalo RubalcabaSi des musiciens d'expérience tels que le trompettiste Jerry Gonzalez et le conguero Poncho Sanchez demeurent très actifs sur la scène actuelle, la relève sait faire sa place. On saluera ici les talentueux pianistes comme Gonzalo Rubalcaba et Omar Sosa. Les trombonistes Conrad Herwig (The Latin Side of John Coltrane) et Chris Washburne (Land of Nod) volent également au-dessus de la mêlée.

 

Autres variétés de la musique latine

La musique latine se décline en plusieurs autres variétés, souvent associées à la danse du même nom, parmi lesquels on retrouve :

  • Le son cubain : expression musicale de la culture traditionnelle cubaine apparue vers la fin du 19e siècle à Santiago de Cuba. Le son charme les États-Unis dans la foulée des années 1930 avec la pièce El Manisero (The Peanut Vendor). En 1997, le style effectue un retour en force grâce au disque éponyme du vénérable orchestre Buena Vista Social Club.
  • Le mambo : musique dansante originaire de Cuba, le mambo connaît un succès planétaire vers 1949, grâce à la pièce Mambo # 5 du cubain Pérez Prado. En 1954, les titres Papa Loves Mambo et Mambo Italiano explosent. Les orchestres de Tito Puente et de Tito Rodriguez en profitent. En 1999, une version dance de Mambo #5 signée Lou Bega remporte un beau succès.
  • Eliane EliasLa bossa-nova : dérivé de la samba, la bossa – qui allie finesse harmonique et voix suave – voit le jour au Brésil vers la fin des années 1950. En 1963, elle conquiert le monde grâce au hit The Girl from Ipanema, écrit par Antonio Carlos Jobim, qui figurera sur l'album Getz & Gilberto de João Gilberto et Stan Getz. La « bossa nouvelle » est aujourd'hui défendue par Eliane Elias et Bebel Gilberto, la fille de João.
  • La salsa : évolution de plusieurs rythmes latins, la salsa trouve ses racines dans la culture afro-cubaine. Popularisé par les Ray Barretto, Oscar D'León et Eddie Palmieri, elle vit son âge d'or à New York vers les années 1970, combinant percussions, piano, basse, cuivres et chant. Le chanteur pop Marc Anthony personnifie la nouvelle génération.
  • Astor Piazzolla Le tango : naît à Buenos Aires vers la fin du 19e siècle, le tango repose sur le bandonéon, son instrument fétiche. Icône du tango, le bandonéoniste argentin Astor Piazzolla compose de grands classiques dont Balada para un loco, Libertango et Amelitango. Dans la catégorie des tangos populaires, La cumparsita demeure un incontournable. Sur la scène actuelle, soulignons l'apport du groupe Gotan Project, qui marie tango classique et beats électroniques.

Quand le Festival fait la fiesta…

David Sanchez Les bouquets d'épices de la musique latine pimentent depuis toujours le Festival International de Jazz de Montréal. Quelques exemples parmi tant d'autres.… En 1981, l'illustre souffleur Dizzy Gillespie livre un concert inoubliable, aujourd'hui édité sur DVD. En 1993, le pianiste virtuose Eddie Palmieri distille ses rythmes latins enivrants aux côtés du saxophoniste Donald Harrison. Cinq ans plus tard, Palmieri participe à l'hommage rendu au vibraphoniste latin Cal Tjader.

Le pianiste Chucho Valdés donne en 1997 un spectacle marquant avec le trompettiste Roy Hargrove et le saxophoniste David Sanchez. L'année suivante, le spectacle Latin Crossing, qui rassemble sur une même scène le multi-instrumentiste britannique Steve Winwood, le percussionniste Tito Puente et le trompettiste virtuose Arturo Sandoval, passe à l'histoire.

Manu ChaoLes légendaires Compay Segundo et Ibrahim Ferrer, deux des figures de proue du Buena Vista Social Club, se sont tous deux arrêtés chez nous, le premier en 1998, le second en 2001.

Toujours en 2001, le guitariste brésilien João Gilberto se produisait pour la première fois au Festival, tout comme l'expert en métissages Manu Chao, auteur du populaire album Clandestino. Enfin, on s'en voudrait de ne pas évoquer les performances du pianiste Gonzalo Rubalcaba, devenu un habitué du Festival.

À l'occasion du 30e anniversaire, en 2009, les formations Afro-Cuban All-Stars et Los Van Van orchestrent une soirée de clôture intitulée La fiesta cubana, transformant la rue Sainte-Catherine en salle de danse à ciel ouvert.

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