Accueil > Artistes > Dossiers thématiques > Le jazz manouche
Le jazz manouche

Le jazz manouche

Né du mariage entre le jazz et la culture tzigane, le jazz manouche fleurit en France dans la première moitié du 20e siècle. Ses principaux artisans sont le guitariste Django Reinhardt et le violoniste Stéphane Grappelli. Depuis les années 1950, le genre voit sa pérennité assurée de génération en génération par de nouveaux venus respectueux des traditions. Cette année, on célèbrera l'héritage musical de maître Reinhardt, qui aurait été centenaire.

Naissance du jazz manouche

Plusieurs sources s'entendent pour dire que le jazz manouche voit le jour à Paris dans les années 1930. Le père fondateur du genre a pour nom Django Reinhardt. Né en Belgique, en 1910, d'une famille tzigane d'expression francophone, le musicien apprend très jeune à manier la guitare et le banjo. Début vingtaine, il s'initie au jazz américain avec les Louis Armstrong, Duke Ellington ou Eddie Lang et provoque une rencontre au sommet entre le jazz et l'héritage tzigane. Le jazz manouche est né.

Reinhardt use d'une technique de jeu unique qu'il développe pour épargner sa main gauche, gravement mutilée lors de l'incendie de sa roulotte. Il évolue notamment à l'horizontale sur le manche de son instrument. Pour maximiser la souplesse et la rapidité du mouvement, les guitaristes manouches jouent généralement le poignet cassé et appliquent la technique «en butée», utilisant le médiator (pick, en anglais) à la manière du marteau frappant les cordes d'un piano.

Stéphane Grappelli C'est à Paris, en 1934, que Django Reinhardt rencontre le violoniste français Stéphane Grappelli, avec qui il forme le légendaire quintette à cordes Hot Club de France. Musique généralement vive et enjouée, le jazz manouche bénéficie de la popularité du swing qui s'épanouit pendant les années d'occupation parisienne. On doit plusieurs tubes à Reinhardt, dont Minor Swing et Nuages. Entre 1935 et 1944, le père du manouche se révèle comme l'un des plus grands guitaristes au monde. Il s'éteint en 1953.

Le manouche fait mouche

Si Reinhardt a permis au jazz manouche de prendre son envol, certains de ses contemporains ont contribué au rayonnement du genre. Outre Grappelli, on pense ici à l'accordéoniste français Jo Privat et aux frères Ferré, Mathelot et Barro, deux guitaristes qui se sont plusieurs fois produits au sein du Hot Club de France dans les années 1930-1940.

Au milieu des années 1960, Barro Ferré signe l'album Valses d'hier et d'aujourd'hui. À la même époque, Mathelot enregistre quelques valses composées par Django, dont Montagne Ste Geneviève et Choti.

Depuis, le style a été nourri par plusieurs artistes. Talent précoce, le guitariste gitan Biréli Lagrène maîtrise très jeune le swing jazz manouche façon Reinhardt et Grappelli. Il a à peine 13 ans lorsque sort son premier album, Routes to Django, en 1980.

Biréli Lagrène Soulignons d'autre part la contribution des guitaristes Fapy Lafertin et Tchavolo Schmitt. Le premier, belge d'origine, nous a entre autres livré les opus Star Eyes en 2000 et Fine and Dandy en 2003. Le deuxième, qui roule sa bosse depuis les années 1970, a sorti Seven Gypsy Nights en 2007.

Mentionnons également les fils Ferré – Elios et Boulou –, guitaristes à qui l'on doit une foule de disques, dont Pour Django (1979), Gypsy Dreams (1980) ou Parisian Passion (2005). Le guitariste Babik Reinhardt a également prolongé l'œuvre de son père, enregistrant notamment le New Quintet du Hot Club de France en 1998.

Depuis les années 1990, le jazz manouche revient en force sur la scène française et internationale grâce aux guitaristes Patrick Saussois et Raphaël Faÿs, Romane ou encore Moreno. Plusieurs événements célèbrent le genre dont le Festival Django Reinhardt de Samois-sur-Seine, le Gypsy Swing Festival d'Angers ou encore le New York Gypsy Festival.

Présence manouche au Festival

Gadji-Gadjo Il y a longtemps que le jazz manouche rassemble les foules au Festival International de Jazz de Montréal. Après la soirée hommage à Stéphane Grappelli en 1991 – qui s'est déroulée en présence du maître violoniste – et la visite des guitaristes de génie Boulou et Elios Ferré en 1992, le Festival a célébré ses 15 ans, en 1994, avec Bratsch, Strunz & Farah et The Rosenberg Trio. Dans le cadre du Grand Événement La nuit des gitans, les musiciens ont joué devant plus de 90 000 festivaliers.

Plus près de nous, en 2003, le guitariste manouche alsacien Biréli Lagrène a rendu un vibrant hommage à Django Reinhardt avec le Gipsy Project et d'autres invités de marque tels que les guitaristes français Angelo Debarre et Tchavolo Schmitt. En 2006, Lagrène nous éblouissait une fois de plus, se produisant notamment avec le grand Christian Escoudé.

Django Reinhardt : cent ans ! Avec The Dorado Schmitt Allstars Les groupes manouches québécois ne sont pas en reste. Les airs tziganes et festifs des formations Gadji-Gadjo et du Hot Club de ma rue ont résonné à l'occasion du 30e anniversaire du Festival, tandis que les reprises de tubes pop 80 à la sauce manouche du groupe The Lost Fingers ont coloré les éditions 2008 et 2009. Mentionnons aussi la guitariste Christine Tassan et sa formation Les Imposteures une des rares femmes à évoluer dans l'univers manouche.

En février 2010, dans le cadre de la série Jazz à l'année, on assistera à trois concerts des Dorado Schmitt All-Stars célébrant l'héritage musical de Django Reinhardt, qui aurait été centenaire cette année.

Index d'artistes

Nom de l'artiste ou du groupe

Afficher les artistes de l'année :

Afficher les artistes du genre musical :


Afficher les artistes
dont l'instrument musical est :

Recherche d'artistes par pays ou province :