Public Enemy, Nomadic Massive, Kalmunity

Hip-hop

La culture hip-hop se décline en quatre principales composantes : la break-dance, le graffiti, le DJ-ing et le rap. Les deux derniers éléments constituent la face musicale du hip-hop, un genre qui s'est imposé grâce à des artistes comme Public Enemy, Eminem et, au Québec, Dubmatique et Loco Locass.

Les premiers rappeurs

Le hip-hop éclot dans les rues du Bronx au début des années 1970. Venu de Jamaïque, Clive Campbell, alias DJ Kool Herc, développe le break-beat. Certains y voient l'acte de naissance du hip-hop. Le musicien implante également le toasting et les sound systems, hérités du dancehall jamaïcain. À l'occasion des rassemblements publics festifs qu'il organise, le DJ invite des maîtres de cérémonie (MC) pour chauffer la foule. Dans ce contexte apparaissent  les premiers rappeurs, qui scandent leurs mots sur des échantillons musicaux tirés de classiques du funk ou de la soul, dont ceux de James Brown. Composé de tables de mixage, de boîtes à rythmes et d'échantillonneurs, l'arsenal utilisé par les artisans du rap sert à transformer les extraits sonores déjà existants en « nouvelles » compositions.

Kalmunity Héritier de la tradition orale africaine du griot et des premières musiques afro-américaines, le rap – en tant qu'expression vocale du hip-hop – fait écho aux revendications contemporaines de la communauté noire. Vers le milieu des années 1970, le DJ new-yorkais Afrika Bambaataa fonde la Zulu Nation. Destinée à fédérer les gangs de rue et à canaliser la violence des jeunes délinquants par la pratique du DJ-ing ou du MC-ing, l'organisation contribue à la reconnaissance internationale du mouvement culturel hip-hop.

Les années 1980 : l'explosion

En 1979, le groupe américain Sugarhill Gang accouche du célèbre album Rapper's Delight, un des premiers enregistrements hip-hop. Trois ans plus tard, la formation Grandmaster Flash & the Furious Five révolutionne le genre avec The Message, qui évoque la vie difficile des bas-fonds urbains. C'est le début du rap politisé. En 1986, le groupe du Queens Run-D.M.C. travaille avec Aerosmith à un remix du morceau Walk this Way, créant le premier mariage rap-rock. La même année, les Beastie Boys, un trio juif new-yorkais, placent la pièce hybride, (You Gotta) Fight For Your Right (To Party!) dans les palmarès.

Public Enemy En 1987, l'opus Criminal Minded de la formation Boogie Down Productions, fondée par le rappeur du Bronx KRS-ONE, immortalise la fusion hip-hop-reggae dancehall. Un an plus tard, le groupe engagé Public Enemy vole au dessus de la mêlée grâce aux textes riches et rythmés du disque It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back. Les albums Paid in Full d'Eric B. & Rakim et Stricly Business d'EPMD marquent également l'époque. En 1989, Queen Latifah devient une des premières femmes à se frayer un chemin dans cet univers masculin.

Il était une fois dans l'Ouest

Sur la côte Ouest américaine, l'arrivée du gangsta rap, dont le langage cru évoque le crime, la brutalité policière, la drogue, l'argent ou le sexe, bouleverse l'univers du hip-hop. Le rappeur Ice-T et le groupe Niggaz With Attitude (NWA),  qui lancent respectivement les albums Rhyme Pays en 1987 et Straight Outta Compton en 1988, sont considérés comme les pionniers du genre. Pour contrecarrer cette flambée de violence verbale, un hip-hop plus décontracté voit le jour, notamment représenté par Arrested Development.

En avril 1992, les émeutes de Los Angeles inspirent plusieurs artistes, dont Ice Cube avec l'album Predator. Alors que le gangsta rap continue son ascension, la sortie de l'opus The Chronics, dans lequel le rappeur Dr. Dre troque les échantillons contre de vrais instruments, marque la décennie. À titre de producteur, Dr Dre contribue à propulser la carrière d'Eminem, The Game, Snoop Dogg et 50 Cent, autant de figures marquantes des années 2000.

Le rap de l'Est demeure toutefois en selle avec l'album hip-hop-jazzy Daily Operation (1992) du groupe Gang Starr, en plus des tubes Enter the Wu-Tang (36th Chambers) du Wu-Tang Clan et Ready to Die du rappeur The Notorious B.I.G. Ce dernier s'éteint à la fin des années 1990, victime – quelques mois après l'assassinat de Tupac Shakur – de la rivalité qui oppose les rappeurs des deux côtes américaines.

Au tournant du millénaire, la formation Goodie Mob se démarque, tout comme le groupe OutKast. Gnarls Barkley connaît un hit avec la pièce Crazy, tiré de l'album St Elsewhere (2006). Le rappeur brooklynois Jay-Z impose sa voix avec les albums Kingdom Come (2006) et The Blueprint 3 (2009).

Rap en français…

Nomadic Massive En France, le rap suscite un engouement nulle part égalé en Europe. Dans les années 1990, l'Hexagone devient le deuxième marché mondial du genre grâce à des piliers comme MC Solaar, Suprême NTM, IAM, Assassin ou Arsenik. Dans les années 2000, la relève sera assurée avec brio par les Sefyu et Diam's.

Chez nous, le trio Dubmatique s'impose en 1997 comme le fer de lance du rap québécois avec plus de 125 000 exemplaires vendus de l'album La force de comprendre. En 1999, le rappeur Sans Pression triomphe avec le disque 514-50 dans mon réseau. Amoureux des mots qui coulent et qui cognent, le trio Loco Locass remporte un succès populaire avec la chanson Libérez-nous des libéraux, tirée de l'album Amour oral, paru en 2004.

La relève du hip-hop québécois est foisonnante : mentionnons le duo Taktika, (Le cœur et la raison, 2008), le groupe L'Assemblée, la formation Payz Play, constituée de quatre membres du défunt groupe hip-hop Atach Tatuq, ou encore les jeunes rappeurs Samian (Face à soi-même, 2007), Koriass (Les racines dans le béton, 2008) et Papaz (3, 2009).

Hip-hop au Festival

RZA En 2008, le légendaire groupe Public Enemy débarquait au Festival pour livrer quelques pièces de l'album How You Sell Soul to a Soulless People Who Sold Their Soul. La même année, RZA et GZA , deux rappeurs américains du Wu-Tang Clan, ont offert aux festivaliers un programme double enlevant.

En 2009, le collectif québécois Kalmunity, qui regroupe plus de 80 musiciens, a épaté la galerie avec une performance improvisée mariant rap, poésie, funk, jazz et soul. Le rap d'ici a également rayonné grâce au groupe Nomadic Massive qui s'exprime en plusieurs langues dont le français, l'anglais et le créole. Puis, les deux musiciennes de la formation montréalaise Random Recipe ont dévoilé un rap novateur sur des airs de guitare et de beat-box.

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