Misstress Barbara, Poirier, Wax Tailor

Électronica

Catégorie multi-inclusive, l'électronica regroupe les courants de musique électronique qui, dérivés de la house et la techno, se cristallisent aux États-Unis durant les années 1980 et se propagent aux quatre coins de la planète à la fin du 20e siècle. Durant les années 1990, le genre voit émerger des stars comme Moby, The Chemical Brothers et Daft Punk. Parmi les ambassadeurs québécois de l'électronica, on pensera notamment à DJ Champion, Misstress Barbara et Poirier.

Origine

Le vocable électronica apparaît au tournant des années 2000 pour désigner les nombreux courants de musique électronique qui voient le jour à compter des années 1980. À cette époque, on assiste à l'émergence d'un style novateur, qui tient compte du disco et du funk qui cartonnent aux États-Unis, ainsi que des expériences électroniques de groupes allemands comme Tangerine Dream et Kraftwerk. Ce dernier a notamment lancé les influents albums Autobahn (1974) et Trans-Europe Express (1977), usant de sons robotiques, répétitifs et hypnotiques. Plusieurs y perçoivent une illustration de l'emprise des nouvelles technologies sur la société moderne.

L'accessibilité grandissante des synthétiseurs et des échantillonneurs, la révolution des boîtes à rythmes et du système MIDI, le passage au mode numérique, la possibilité de mixer, de modifier ou de combiner différents sons et mélodies facilitent l'envol de la house à Chicago et de la techno à Detroit, deux des principaux vecteurs de la musique électronique qui voient le jour dans les années 1980.

La house

Inspiré par la techno-pop européenne, le Planet Rock d'Afrika Bambaataa ou les expérimentations de Kraftwerk, le DJ, producteur et remixeur Frankie Knuckles est considéré comme l'un des pères de la house. Au début des années 1980, Knuckles officie au Warehouse à Chicago et use d'une boîte à rythmes pour sculpter ses mixes. Sous sa houlette, les mélodies funk et disco s'enrichissent de boucles sonores synthétiques.

Avec la création des labels Trax Records en 1984 et DJ International en 1985, la house prend du galon. Parmi les jeunes et talentueux compositeurs de l'époque, on pense à Jesse Saunders qui compose les titres de house On and On et Funk You Up.

La techno

Parallèlement, la techno prend son envol à Detroit. Les rythmes et les sons froids, mécaniques et robotiques de la techno apparaissent plus durs et industriels que la house. L'émission de radio du DJ Electrifying Mojo, qui fait la part belle aux groupes électroniques européens Kraftwerk ou Telex, inspire le jeune musicien américain Juan Atkins, qui fonde en 1985 Metroplex, le premier label de techno de Detroit.

Carl Craig Ses complices Derrick May et Kevin Saunderson participent également à la floraison du genre en créant respectivement Transmat et KMS Records en 1986, en plus de produire une foule de chansons à succès dont Big Fun. Underground Resistance, un label de musique électronique notamment fondé par les producteurs, musiciens et DJ Mike Banks et Jeff Mills, joue aussi un rôle majeur dans le développement de la techno. Les musiciens Carl Craig, Kenny Larkin ou Stacey Pullen personnifient la nouvelle vague de techno de Detroit.

L'Europe sous le charme

Après s'être répandue à Chicago et à New York, la house tombe rapidement entre les mains de DJ anglais avertis. Dès 1987, les artistes de Chicago s'illustrent à Londres et à Manchester, notamment à l'Hacienda. C'est là que le DJ français Laurent Garnier découvre le style, qu'il popularise dans les boîtes de nuit branchées de Paris au début des années 1990.

La techno se répand également comme une traînée de poudre en Angleterre et en Allemagne, notamment à Berlin, par le biais du label et de la boîte Tresor. Les boucles répétitives et hypnotiques, les climax vertigineux et les beats assourdissants séduisent les danseurs.

En Grande-Bretagne, on ne tarde pas à voir apparaître de grands rassemblements - les fameux raves - où la techno, la house et son dérivé, l'acid-house, font danser des milliers de personnes en transe. L'acid-house se distingue par un son lourd de basse synthétique. Les groupes européens S'Express et Technotronic comptent parmi ses principaux dépositaires.

Produits dérivés

Dans la foulée se développent ambient house, hardcore, tech-house, trance, jungle, drum'n'bass… autant de styles dérivés des deux genres fondateurs. La musique électronique est aussi représentée par des branches plus expérimentales telles que l'intelligent dance music (IDM) qui a longtemps été associée à l'étiquette britannique Warp et à ses grandes pointures, dont Autechre.

Au milieu des années 1990, la musique électronique vole la vedette aux stars rock. Les DJ deviennent des stars à part entière. Parmi les artistes techno les plus en vue, on remarque Moby, The Chemical Brothers, The Prodigy et Fatboy Slim, The Orb, Air et Underworld.

Au Festival

DJ Champion En 1999, le DJ et producteur de techno américain Carl Craig se produisait au Festival avec l'Innerzone Orchestra. Rythmes afro-cubains, jazzy et électro ont fait danser la foule lors d'un grand événement extérieur couru. En 2003, le collectif allemand Jazzanova libérait ses notes jazz, soul et électro.

Du côté des artistes québécois ayant foulé les planches du Festival, pensons au Montréalais Akufen qui, en 2005, a livré une performance électrisante, puis à DJ Champion et ses G-Strings, qui ont cassé la baraque lors du grand événement General Motors. L'année précédente, Champion avait offert aux festivaliers un moment mémorable en compagnie de Barbara Brown, alias Misstress Barbara. La DJ et musicienne montréalaise s'est aussi illustrée en 2009 et 2010.

Beast Vedette de l'Événement spécial Bell en 2010, le duo montréalais Beast, formé du musicien et électronicien Jean-Phi Goncalvès et de la chanteuse Betty Bonifassi, se produisait au Festival pour la première fois en 2008. La même année, Guillaume & the Coutu Dumonts dévoilait l'album Face à l'Est (2007), une techno house aux accents afro, funk, gospel et swing.

La cuvée 2009 a notamment vu défiler le montréalais DJ Kobal, qui a réchauffé la scène pour Stevie Wonder, le DJ et auteur-compositeur-interprète Martin Granger, alias Dee, ou encore le quintette montréalais Pawa Up First, qui marie dub, électro, hip-hop et jazz. Bien connu pour ses mix dance aux saveurs hip-hop, électro, funk et rap, le tandem Thunderheist, formé d'Isis, chanteuse torontoise d'origine nigériane et de Grahm Zilla, remixeur, producteur et DJ montréalais, participait aussi à la fête.

Édition 2010

Caravan Palace Pour célébrer les 20 ans de l'étiquette anglaise de musique électronique Ninja Tune, le Festival a reçu le DJ anglais Andy Carthy, alias Mr. Scruff, la chanteuse Andreya Triana, le DJ et musicien Bonobo, DJ Food et Kid Koala avec son projet The Slew Live. Poirier nous a également convié à une chaude soirée au Club Soda, alors qu'il s'associait à Kode9 pour concocter un Karnival à la sauce dance et électro, ponctué de rythmes soca et tropicaux. Enfin, le groupe français électro-swing-manouche Caravan Palace a partagé l'affiche avec le DJ français Wax Tailor.

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