Origine
Le vocable électronica apparaît au tournant des années
2000 pour désigner les nombreux courants de musique électronique qui
voient le jour à compter des années 1980. À cette époque,
on assiste à l'émergence d'un style novateur, qui tient compte
du disco et du funk qui cartonnent aux États-Unis, ainsi que des expériences
électroniques de groupes allemands comme Tangerine Dream
et Kraftwerk. Ce dernier a notamment lancé les influents
albums Autobahn (1974) et Trans-Europe Express (1977), usant de
sons robotiques, répétitifs et hypnotiques. Plusieurs y perçoivent
une illustration de l'emprise des nouvelles technologies sur la société
moderne.
L'accessibilité grandissante des synthétiseurs et des échantillonneurs,
la révolution des boîtes à rythmes et du système MIDI,
le passage au mode numérique, la possibilité de mixer, de modifier
ou de combiner différents sons et mélodies facilitent l'envol
de la house à Chicago et de la techno à Detroit, deux des principaux vecteurs
de la musique électronique qui voient le jour dans les années 1980.
La house
Inspiré par la techno-pop européenne, le Planet Rock d'Afrika
Bambaataa ou les expérimentations de Kraftwerk,
le DJ, producteur et remixeur Frankie Knuckles est considéré
comme l'un des pères de la house. Au début des années 1980,
Knuckles officie au Warehouse à Chicago et use d'une boîte à
rythmes pour sculpter ses mixes. Sous sa houlette, les mélodies funk et disco
s'enrichissent de boucles sonores synthétiques.
Avec la création des labels Trax Records en 1984 et DJ International en
1985, la house prend du galon. Parmi les jeunes et talentueux compositeurs de l'époque,
on pense à Jesse Saunders qui compose les titres de house
On and On et Funk You Up.
La techno
Parallèlement, la techno prend son envol à Detroit. Les rythmes et
les sons froids, mécaniques et robotiques de la techno apparaissent plus
durs et industriels que la house. L'émission de radio du DJ Electrifying
Mojo, qui fait la part belle aux groupes électroniques européens
Kraftwerk ou Telex, inspire le jeune musicien
américain Juan Atkins, qui fonde en 1985 Metroplex, le premier
label de techno de Detroit.
Ses complices Derrick May et Kevin Saunderson
participent également à la floraison du genre en créant respectivement
Transmat et KMS Records en 1986, en plus de produire une foule de chansons à
succès dont Big Fun. Underground Resistance, un label de musique
électronique notamment fondé par les producteurs, musiciens et DJ
Mike Banks et Jeff Mills, joue aussi un rôle
majeur dans le développement de la techno. Les musiciens
Carl Craig, Kenny Larkin ou Stacey Pullen
personnifient la nouvelle vague de techno de Detroit.
L'Europe sous le charme
Après s'être répandue à Chicago et à New York,
la house tombe rapidement entre les mains de DJ anglais avertis. Dès 1987,
les artistes de Chicago s'illustrent à Londres et à Manchester,
notamment à l'Hacienda. C'est là que le DJ français
Laurent Garnier découvre le style, qu'il popularise
dans les boîtes de nuit branchées de Paris au début des années
1990.
La techno se répand également comme une traînée de poudre
en Angleterre et en Allemagne, notamment à Berlin, par le biais du label
et de la boîte Tresor. Les boucles répétitives
et hypnotiques, les climax vertigineux et les beats assourdissants séduisent
les danseurs.
En Grande-Bretagne, on ne tarde pas à voir apparaître de grands rassemblements
- les fameux raves - où la techno, la house et son dérivé,
l'acid-house, font danser des milliers de personnes en transe. L'acid-house
se distingue par un son lourd de basse synthétique. Les groupes européens
S'Express et Technotronic comptent parmi ses
principaux dépositaires.
Produits dérivés
Dans la foulée se développent ambient house, hardcore, tech-house,
trance, jungle, drum'n'bass… autant de styles dérivés des
deux genres fondateurs. La musique électronique est aussi représentée
par des branches plus expérimentales telles que l'intelligent dance music
(IDM) qui a longtemps été associée à l'étiquette
britannique Warp et à ses grandes pointures, dont
Autechre.
Au milieu des années 1990, la musique électronique vole la vedette
aux stars rock. Les DJ deviennent des stars à part entière. Parmi
les artistes techno les plus en vue, on remarque Moby, The
Chemical Brothers, The Prodigy et Fatboy Slim,
The Orb, Air et Underworld.
Au Festival
En 1999, le DJ et producteur de techno américain
Carl Craig se produisait au Festival avec l'Innerzone
Orchestra. Rythmes afro-cubains, jazzy et électro ont
fait danser la foule lors d'un grand événement extérieur
couru. En 2003, le collectif allemand
Jazzanova libérait ses notes jazz, soul et électro.
Du côté des artistes québécois ayant foulé les
planches du Festival, pensons au Montréalais Akufen qui,
en 2005, a livré une performance électrisante, puis à DJ Champion et ses G-Strings, qui
ont cassé la baraque lors du grand événement General
Motors. L'année précédente, Champion avait offert aux festivaliers
un moment mémorable en compagnie de Barbara Brown, alias Misstress Barbara.
La DJ et musicienne montréalaise s'est aussi illustrée en 2009
et 2010.
Vedette de l'Événement spécial Bell en 2010, le duo montréalais
Beast, formé
du musicien et électronicien Jean-Phi Goncalvès et
de la chanteuse Betty Bonifassi, se produisait au Festival pour
la première fois en 2008. La même année, Guillaume & the Coutu
Dumonts dévoilait l'album Face à l'Est
(2007), une techno house aux accents afro, funk, gospel et swing.
La cuvée 2009 a notamment vu défiler le montréalais DJ Kobal, qui a réchauffé
la scène pour Stevie Wonder, le DJ et auteur-compositeur-interprète
Martin Granger, alias Dee,
ou encore le quintette montréalais
Pawa Up First, qui marie dub, électro,
hip-hop et jazz. Bien connu pour ses mix dance aux saveurs hip-hop, électro,
funk et rap, le tandem Thunderheist,
formé d'Isis, chanteuse torontoise d'origine nigériane et
de Grahm Zilla, remixeur, producteur et DJ montréalais, participait aussi
à la fête.
Édition 2010
Pour célébrer les 20 ans de l'étiquette anglaise de musique
électronique Ninja Tune, le Festival a reçu le DJ anglais Andy Carthy,
alias Mr. Scruff, la chanteuse Andreya Triana,
le DJ et musicien Bonobo,
DJ Food et Kid Koala avec
son projet The Slew Live. Poirier nous
a également convié à une chaude soirée au Club Soda,
alors qu'il s'associait à Kode9 pour concocter un
Karnival à la sauce dance et électro, ponctué de rythmes soca
et tropicaux. Enfin, le groupe français électro-swing-manouche
Caravan Palace a partagé
l'affiche avec le DJ français
Wax Tailor.