Le blues

Le blues

Classique, moderne, urbain, swamp… une foule de déclinaisons du blues ont vu le jour depuis l'apparition du genre au milieu du 19e siècle. Ce style qui a exercé une influence majeure sur le rock, la soul ou le funk demeure à ce jour le point d'ancrage de la musique populaire américaine. Parmi ses plus durables artisans, on compte les légendaires B.B. King et Buddy Guy, qui ont inspiré de nombreuses vocations.

Le blues

Le blues prend racine vers 1865 dans les champs de coton du sud des États-Unis – particulièrement dans le delta du Mississipi – alors que les esclaves noirs déportés d'Afrique, coupés de leurs rites et de leur culture, transforment les chants de travail en une musique vocale et instrumentale où résonnent banjo, violon, guitare ou tout autre objet produisant un son musical intéressant.

Selon certaines sources, l'acte de naissance officiel du blues est signé en février 1920, avec l'enregistrement, à New York, du disque Crazy Blues de Mamie Smith. Avant elle, le guitariste et père du Delta Blues Charley Patton, né dans le Mississippi en 1891, avait déjà à son actif les chansons Down the Dirt Road Blues et Poney Blues, bien que son premier enregistrement, A Spoonful Blues, n'ait lieu qu'en 1929. À cette époque, les chanteuses Bessie Smith, Ma Rainey et Ida Cox jouissent également d'une grande popularité.

La route du blues

C'est également dans les années 1920 que l'on voit apparaître une migration des Noirs américains des États du Sud vers les grandes cités du Nord. À la recherche d'emplois et d'une meilleure perspective d'avenir, ils fuient également la ségrégation. Apparaissent alors des styles régionaux de blues. Par exemple, le blues qui se développe sur la côte Est s'avère beaucoup plus léger que son cousin puissant et lancinant du Delta.

Avant et après la Seconde Guerre mondiale, c'est Chicago, ville industrielle et créatrice d'emplois, qui s'inscrit comme principale terre d'accueil. Parmi les nouveaux venus, on remarque John Lee « Sonny Boy » Williamson et Big Maceo. Grâce à ses nombreux studios d'enregistrements et à la myriade de bluesmen qui s'approprient la ville, Chicago devient rapidement la plaque tournante du blues.

Des noms légendaires

B.B. King Le bluesman à la voix rauque Muddy Waters, originaire du Mississipi, est l'une des figures historiques ayant participé à l'essor du blues urbain, un phénomène s'étant principalement développé à Chicago par l'ajout d'instruments comme la guitare électrique, la basse et l'harmonica amplifié. Le style de blues urbain des années 1950 (joué à Chicago, Detroit ou Kansas City) a eu un grand impact sur l'art de Chuck Berry et de Buddy Guy, qui ont à leur tour élaboré la traduction moderne d'une musique paysanne et prolétaire dont l'influence sera énorme sur de nombreux groupes rock des années 1960, dont The Yardbirds et The Rolling Stones.

John Lee Hooker Qui dit blues dit également B.B. King, l'un des plus influents bluesmen de la planète. Né dans le Mississipi des années 1920, le guitariste, compositeur et chanteur déménage à Memphis, où il élabore un style musical mordant et incisif, influencé par le blues swinguant et jazzy de Lonnie Johnson ou encore de T-Bone Walker. Dès la fin des années 1940, il enchaîne les succès (You Know I Love You, Woke Up This Morning, etc.), multipliant les émules. Dans les années 1960-1970, il flirte avec la planète rock. Il a influencé une génération de musiciens, allant d'Eric Clapton à U2.

John Mayall Dans les années 1940 et 1950, à Detroit, le guitariste John Lee Hooker se prépare à marquer le blues d'une pierre blanche. Sa carrière prend véritablement son envol dans les années 1960, magnifiée par le phénomène British Blues Boom, quand des musiciens anglais comme Alexis Korner, John Mayall et The Rolling Stones se mettent au blues. Hooker, libre et authentique, demeure aujourd'hui une des icônes du genre.

De 1970 à aujourd'hui...

Les années 1970 sont marquées par la tendance du blues-rock à la Johnny Winter. C'est également l'âge d'or de la guitare électrique, vénérée comme jamais après la disparition subite de Jimi Hendrix. À cette époque, force est de constater que le blues semble de plus en plus interprété par des musiciens blancs. Les talentueux Fenton Robinson, Phillip Walker et Lonnie Brooks restent dans l'ombre des non moins prodigieux Eric Clapton et Joe Cocker. Plusieurs artistes noirs se tournent alors vers la soul, le reggae ou le hip-hop.

Flanqué de son groupe The Destroyers, le guitariste américain George Thorogood connaît un grand succès à la fin des années 1970. Au cours des années 1980, le blues perd un peu de son âme au profit d'un son plus commercial, continuant tout de même de rayonner grâce à ses figures légendaires. En 1983, Stevie Ray Vaughan donne un nouveau souffle au genre avec l'album Texas Flood, tandis que Robert Cray, s'impose, en 1986, avec l'opus Strong Persuader.

En 1990, le décès accidentel de Vaughan prive le blues d'un talent brut. Au cours de la même décennie, on dénote plusieurs rééditions de vieux classiques en format CD, ainsi que l'apparition du label Alligator de Chicago. Celui-ci propulse quelques belles carrières (Lucky Peterson, Kenny Neal) tout en misant sur les vétérans. Eric Clapton refait également surface avec son album Unplugged.

Même si l'influence de Vaughan, de Hendrix et du hard rock semble évidente sur le blues de la nouvelle génération (Bernard Allison, Popa Chubby) le blues des premières heures, poignant et nostalgique, demeure joué et adulé dans le monde entier.

Le blues du Festival

Au Québec, un des plus dignes représentants du blues est sans contredit Bob Walsh, qui a joué au Festival International de Jazz de Montréal plus d'une dizaine de fois depuis 1984. Pour la 25e édition, en 2004, le bluesman a offert au public une fête digne des plus grands. Sa prestation, en juillet 2009, a une fois de plus ravi la foule.

Buddy GuySteve Hill, un autre grand nom du blues québécois, figure également au tableau des chouchous du festival. À l'occasion de ses nombreux passages, il a notamment partagé la scène avec Buddy Guy et Jimmie Vaughan en 1999. À l'été 2009, il a livré un impressionnant spectacle aux côtés de Jean-Sébastien Chouinard, alias Johnny Flash.

Avec des invités tels que Jim Zeller, Carl Tremblay et Jean Millaire, on peut dire que le Festival a livré aux festivaliers le meilleur du blues québécois. Ces derniers ont d'ailleurs participé au coup d'envoi des Mercredis blues de L'Astral, deux mois plus tard, en compagnie des vétérans Bob Harrisson et Jimmy James.

Parmi les grands maîtres du blues ayant été applaudis au Festival, mentionnons également B.B. King. Outre sa visite à l'été 2006, il nous a offert, en 1995, une rencontre au sommet avec Buddy Guy. Ce dernier, un habitué du festival, a d'ailleurs célébré le 30e anniversaire aux côtés de Susan Tedeschi, offrant aux passionnés de blues et de guitare le rendez-vous de l'été. Les voix chaudes et puissantes d'Eli Paperboy Reed, de Chocolate Thunder et de Diunna Greenleaf ont également résonné lors de l'édition 2009.

Index d'artistes

Nom de l'artiste ou du groupe

Afficher les artistes de l'année :

Afficher les artistes du genre musical :


Afficher les artistes
dont l'instrument musical est :

Recherche d'artistes par pays ou province :