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Ornette Coleman, Laurie Anderson, John Zorn, That 1 Guy

Musique d'avant-garde

La musique d'avant-garde découle d'un esprit de rupture avec les carcans traditionnels. À travers les explorations dodécaphoniques d'Arnold Schoenberg, le free jazz d'Ornette Coleman ou encore les performances expérimentales de John Cage, le genre s'est forgé une identité protéiforme, riche et féconde, dont les principaux protagonistes ont aujourd'hui pour nom John Zorn, Fred Frith ou, plus près de chez nous, Sam Shalabi.

L'avant-garde contemporaine

Arnold Schoenberg, Alban Berg et Anton Webern, compositeurs européens importants du 20e siècle, sont les précurseurs des tendances avant-gardistes de la musique contemporaine. Explorant l'atonalité, le trio brise le moule du style classique traditionnel. Ce remue-ménage débouche sur le dodécaphonisme - une technique de composition reposant sur une série de 12 sons. Dans la foulée, ils développent la musique sérielle, qui se construit sur une succession préétablie et invariable de sons.

Pierre Boulez et Karlheinz Stockhausen, entre autres, personnifient le prolongement contemporain du système classique. Au cours des années 1950, ces derniers appliquent à tous les paramètres du son les règles de cette nouvelle grammaire musicale, instaurant le sérialisme intégral.

Nouvelles technologies

À la même époque, l'arrivée du magnétophone et des techniques électriques et électro-acoustiques permet d'enregistrer des sons sur bande magnétique. En France, Pierre Schaeffer invente la musique concrète et use de sons pré-enregistrés de la vie courante, qu'il juxtapose et transforme grâce au montage et au mixage sur bande magnétique. La Symphonie pour un homme seul, qu'il compose avec son acolyte Pierre Henry, est l'une des grandes réalisations du genre.

Ces premières formes de synthèses sonores favorisent l'émergence de la musique électronique, notamment libérée par des générateurs de sons synthétiques. En 1951, le compositeur allemand Herbert Eimert fonde le studio de musique électronique de la radio de Cologne.

John Cage et Fluxus

Aux États-Unis, l'icône avant-gardiste des années 1950 se nomme John Cage. L'art expérimental de Cage, guidé par l'improvisation et l'indéterminisme, est intimement lié au concept de performance. Lors d'un concert, le compositeur se contente de donner quelques pistes à ses interprètes, laissant le hasard intervenir dans l'exécution des morceaux.

Les difficultés liées à l'accomplissement live de ces consignes engendrent, selon Cage, une musique à l'image de la vie, libérée de toute contrainte formelle. Pour travestir les sons et interpeller les sens des spectateurs, Cage va jusqu'à insérer divers objets dans son piano. À l'extrême opposé, sa célèbre composition 4'33 consiste en 4 minutes et 33 secondes de silence – découpée en trois mouvements de longueur différente.

La démarche artistique de Cage ouvre la voie au mouvement d'art contemporain Fluxus, né à New York dans les années 1960. Le collectif qui a largement contribué à l'abolition des frontières entre les arts compte dans ses rangs des artistes de tout horizon – dont une certaine Yoko Ono.

Influences et nouveaux courants

Ornette ColemanC'est dans cet esprit de décloisonnement que le free jazz naît parallèlement à New York, porté par Ornette Coleman et John Coltrane. Entre improvisation collective, rejet des conventions et transgression des formes, le free jazz et la scène avant-gardiste se nourrissent l'un l'autre.

Dans les années 1960-1970 émerge le mouvement minimaliste. Ses artisans rejettent la musique issue de l'indétermination, misant sur l'économie de moyens et le retour à la tonalité. Le compositeur américain La Monte Young est considéré comme le pionnier du genre.

Trois autres grands noms s'imposent : Steve Reich, Philip Glass et Terry Riley. Influencés par le jazz, l'improvisation ou encore les musiques classique et électronique, ces compositeurs proposent des œuvres envoûtantes où règnent progressions lentes, pulsations régulières et phrasés répétitifs.

Dans les années 1970, le rock progressif, une musique libre qui s'aventure au-delà des schémas classiques du rock, voit émerger nombre de musiciens qui convergeront plus tard vers la scène expérimentale. Parmi eux, le compositeur et guitariste anglais Fred Frith, le groupe français Magma et le compositeur, musicien et chanteur québécois René Lussier, qui a notamment été membre du groupe montréalais Conventum, une des premières formations québécoise à mixer rock progressif, folklore et musique contemporaine.

Le phénomène Zorn

John Zorn Depuis le début des années 1980, le saxophoniste, producteur et compositeur américain John Zorn s'impose comme le porte-étendard de la scène avant-gardiste new-yorkaise. Son art, joyeuse synthèse des courants précédents, croise musiques classique et expérimentale, rock,  jazz, impro ou death metal, en plus de s'inspirer du répertoire traditionnel juif et japonais. En 1995, il crée sa propre étiquette, Tzadik Records, qui favorise le rayonnement des musiques expérimentales de tout acabit. Au cours de sa prolifique carrière, Zorn a été membre de plusieurs formations, dont Naked City (avec Bill Frisell à la guitare et Fred Frith à la basse) et Painkiller (avec Bill Laswell à la basse et Mick Harris à la batterie).

Le FIMAV

Au Québec, le Festival international de musique actuelle de Victoriaville constitue, depuis 1983, une vitrine extraordinaire pour les artistes d'avant-garde d'ici et d'ailleurs. Plusieurs grandes pointures y ont défilé, dont John Zorn, Fred Frith, René Lussier, le Sun Ra Arkestra ou encore Elliott Sharp, figure centrale de la musique avant-gardiste étasunienne. Le guitariste montréalais d'origine égyptienne Sam Shalabi, habitué du FIMAV et artiste majeur de la scène de l'improvisation libre d'ici, s'y démarque par sa polyvalence. Soulignons également l'apport de l'américain Mike Patton, du groupe américain Tortoise ou encore du collectif montréalais Godspeed You ! Black Emperor.

Un Festival avant-gardiste

Lou ReedLa plupart des pionniers québécois de la musique d'avant-garde ont joué au Festival International de Jazz de Montréal, qu'on pense à Michel F. Côté, André Duchesne, Jean Derome et René Lussier. Ce dernier était d'ailleurs maître d'oeuvre, en 2002, du spectacle La Boudine du 6 juillet !, performant aux côtés de Lori Freedman et de Frank Martel. En 2006, deux virtuoses de l'improvisation – le guitariste québécois Bernard Falaise et la contrebassiste française Joëlle Léandre – en mettaient plein la vue aux festivaliers.

Le saxophoniste et compositeur américain John Zorn a souvent foulé les planches du Festival avec ses groupes expérimentaux Masada et Painkiller. Zorn débarquera d'ailleurs à Montréal en juin 2010 pour participer à la 31e édition. Il se produira avec nul autre que Lou Reed, figure de proue du groupe Velvet Underground, et Laurie Anderson, musicienne exploratrice de talent. Le couple – sur scène et dans la vie – effectuera sa première visite au FIJM.

Van Der Graaf Generator En 2009, le canadien Steve Koven, qui papillonne entre jazz et musique d'avant-garde, venait nous présenter son dernier album, intitulé The Sound of Songs. La même année, on a pu apprécier les prouesses de That 1 Guy, alias Mike Silverman. L'homme-orchestre avait fait un tabac en 2008 avec son magic pipe, un instrument maison formé de capteurs, d'une corde de contrebasse, de tuyaux de plomberie et d'une botte de cow-boy.

Toujours en 2009, le grand Ornette Coleman, père du free jazz, a prouvé qu'il n'avait rien perdu de sa fougue. Puis, le groupe anglais Van Der Graaf Generator, mené par Peter Hammill, s'est arrêté au Festival une première fois pour présenter son mélange de free-rock et de rock progressif.

 

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