Les grandes éditions anniversaires du Festival
2004 : 25 ans, ça se fête en grand
Qui aurait pu prédire, en 1980, que le Festival International de Jazz de
Montréal deviendrait, en 2004, le plus grand événement du genre
au monde ? Pour célébrer un quart de siècle de métissages
culturels et de découvertes musicales, le Festival multiplie les événements
extérieurs. Le spectacle à grand déploiement Soleil de minuit
attire une foule record de 200 000 personnes.
Sous les étoiles
Pendant que le crooner américain Tony Bennett effectue un retour fort
attendu à la Salle Wilfrid-Pelletier pour le spectacle d'ouverture en
salle, les festivités extérieures démarrent en grande pompe
avec le spectacle de
Johnny Clegg, qui partage la scène avec le groupe vocal
sud-africain Ladysmith
Black Mambazo et la Montréalaise d'origine sud-africaine
Lorraine Klaasen.
Ces derniers célèbrent avec fougue les 10 ans de la fin de l'apartheid.
Le 4 juillet, la foule joue des hanches au son des légendaires Funk
Brothers de Detroit. Six jours plus tard, Vic Vogel électrise
la Soirée commémorative du 25e à la Place des Nations sur l'île
Sainte-Hélène. Le pianiste montréalais qui n'a manqué
aucune édition en 25 ans se produit à l'endroit même
où il avait clôturé le tout premier Festival de l'histoire.
L'ultime rassemblement extérieur demeure le spectacle de fermeture Soleil
de minuit, coproduit avec le
Cirque du Soleil qui fête ses 20 ans. Ce
soir-là, une ambiance magique règne dans la rue Sainte-Catherine,
où se sont entassés quelque 200 000 curieux. Cette grandiose
soirée à ciel ouvert est retransmise en direct à la télé
de Radio-Canada. Parmi les artistes qui s'y distingueront, mentionnons les Youssou N'Dour,
Zachary Richard
et Jorane.
Des nouveautés…
Dans la foulée de cette cuvée anniversaire, le Prix Antonio-Carlos-Jobim, destiné
à un artiste qui se distingue dans le domaine des musiques du monde, voit
le jour. Ibrahim
Ferrer remporte la première statuette. Avec la chaleur qu'on
lui connaît, l'emblématique papy du Buena Vista Social Club
offre aux spectateurs du Festival un dernier concert, avant de s'éteindre
en août 2005. Le pianiste cubain
Gonzalo Rubalcaba est également de la partie, accompagné
sur scène par le chanteur et guitariste brésilien Joao Bosco.
De plus, la talentueuse et regrettée chanteuse d'origine mexicano-américaine
Lhasa de Sela
donne le coup d'envoi de la série Chants d'Amérique
et nous présente son deuxième album, The Living Road.
Si la cuvée 2004 rassemble une myriade de légendes – Chick Corea, Keith Jarrett, Brad Mehldau, Wynton Marsalis, etc. –
on constate que plusieurs jeunes auteures-compositrices-interprètes bourrées
de talent s'y produisent pour la première fois. Notons la marginale
Amy Winehouse, la reine du folk alternatif Ani DiFranco et Ariane Moffatt.
Rencontres au sommet
Après un passage remarqué en 1995, le guitariste Al Di Meola, le violoniste Jean-Luc Ponty et le bassiste Stanley Clarke remontent sur
les planches du Festival pour nous offrir quelques pièces de leur album-culte
Rite of Strings. De plus, la chanteuse canadienne k.d. lang mêle sa voix aux notes
explosives de l'Orchestre Symphonique de Montréal, tandis
que le guitariste et pianiste brésilien Egberto Gismonti se produit avec l'ensemble
I Musici de Montréal.
Enfin, histoire de terminer sur une note grandiose, rappelons que le spectacle de
clôture réunit sur une même scène deux géants du
piano jazz montréalais,
Oscar Peterson et
Oliver Jones. Le duo d'amis musiciens offre à
son public une soirée d'anthologie.