Les grandes éditions anniversaires du Festival
1999 : 20 ans, ce n'est pas rien
Bien qu'une grève des techniciens de scène de la Place des Arts
chamboule l'organisation de la 20e édition du Festival International
de Jazz de Montréal, les astres sont bien alignés et le succès
est une fois de plus au rendez-vous. Les dieux – et déesses –
de la musique descendent sur Montréal pour façonner cette cuvée
festive, placée sous le signe de l'art vocal et de la Louisiane.
C'est Cassandra
Wilson qui, de sa voix chaude et texturée, donne le coup
d'envoi. Accompagnée du chanteur et multi-instrumentiste Olu Dara et du bassiste britannique
Dave Holland,
la contralto originaire du sud des États-Unis livre un superbe spectacle-hommage
à Miles Davis,
inspiré de son dernier album, Traveling Miles.
Elle l'a Ella
Cette année-là est marquée par la création du Prix Ella-Fitzgerald,
qui vise à souligner l'originalité de l'improvisation et la
qualité du répertoire d'un(e) chanteur(euse) de jazz au rayonnement
international. Diane
Schuur en est la première lauréate. La chanteuse
américaine se produit aux côtés du trompettiste canadien Maynard Ferguson.
Une impressionnante brochette d'artistes célèbre cette année-là
le jazz vocal. Outre Schuur, mentionnons l'Américaine Patricia Barber, ainsi que la Canadienne
Diana Krall,
qui se produit avec un orchestre de 30 musiciens, dévoilant en primeur
des extraits de son opus When I Look In Your Eyes.
On assiste également à la première et unique visite de Caetano Veloso, icône de la musique
brésilienne. Entouré d'une quinzaine de musiciens, le cofondateur
du tropicalisme concocte un moment sublime. Autre première : l'auteur-compositeur
à la voix envoûtante
Jay-Jay Johanson, petit prince suédois du spleen,
s'installe au Spectrum.
Dédiée à la grande Ella Fitzgerald, la soirée de
clôture est orchestrée par le big band du Montréalais Vic Vogel, qui accompagne les divines
voix de Jeri
Brown,
Ranee Lee et
Karen Young.
Deux raisons de fêter
La Louisiane s'en donne à cœur joie lors de cette édition
spéciale qui concorde avec le 100e anniversaire de naissance du jazz à
la Nouvelle-Orléans. Pour l'occasion, une joyeuse fanfare défile
tous les jours sur le site du Festival et deux croisières aux couleurs louisianaises
sont organisées quotidiennement sur le Saint-Laurent. Dans le cadre de la
série Louisiane en fête, plusieurs artistes de ce coin de
pays se produisent, dont
Steve Riley and the Mamou Playboys et The Original Pin Stripe Brass Band.
La Norvège à l'honneur
Enfin, difficile de ne pas mentionner deux spectacles magiques mettant en vedette
des artistes norvégiens : Jan Garbarek et Nils Petter Molvaer. Le premier,
brillant saxophoniste, est l'artisan d'une prestation unique à la
basilique Notre-Dame qui marque l'histoire du Festival. Flanqué d'un
ensemble de musique ancienne, le Hilliard Ensemble, Garbarek
interprète notamment des extraits de son populaire album Officium,
paru en 1993. De son côté, Molvaer, grand trompettiste
électro-jazz, effectue une seconde visite après nous avoir présenté
son album Khmer en 1998.