Stanley Clarke voit le jour le 30 juin 1951 à Philadelphie, en Pennsylvanie. Il commence par toucher au violon, puis au violoncelle, avant d'adopter la basse. Ses premières expériences sur le terrain l'amènent à graviter dans les sphères du rock et du R&B. Parallèlement, il ajoute des cordes à son arc en passant par le conservatoire de sa ville natale.
Parti tenter sa chance à New York en 1970, le bassiste ne met pas de temps à se trouver du travail. Sa dextérité redoutable se double d'un sens de la mélodie indéniable. Deux qualités, parmi d'autres, qui lui permettent de séduire des jazzmen aguerris comme Gil Evans, Horace Silver, Art Blakey, Stan Getz ou Pharaoh Sanders.
Éternel retour
En 1971, Clarke fait la rencontre du pianiste Chick Corea au hasard d'un de ses multiples engagements. Les deux musiciens feront bientôt front commun au sein de Return to Forever, formation phare du jazz fusion qui cartonne tout au long de la décennie avec une poignée d'albums incluant Where Have I Known You Before (1974) et Romantic Warrior (1976).
À cette époque, Clarke met de côté la contrebasse pour travailler principalement la basse électrique. Il développe un style percussif très funky, le slap, dont le père est Larry Graham, qui tient la quatre-cordes chez Sly & the Family Stone. Le musicien impose aussi une approche nouvelle, qui place son instrument à l'avant-scène, dans un rôle principal plutôt que de soutien.
Seul ou avec d'autres
Parallèlement à sa participation à RtF, Clarke lance une série d'albums à titre de leader. Children of Forever (1973), Stanley Clarke (1974), Journey to Love (1975) et School Days (1976) lui permettent de mettre en valeur ses talents de compositeur et d'instrumentiste.
Suite la dissolution de Return to Forever, en 1977, le bassiste s'attelle à des projets qui le poussent au-delà des frontières du jazz fusion. Il accompagne les Rolling Stones Keith Richards et Ron Wood le temps d'une tournée sous la bannière The New Barbarians, joue sur l'album Tug of War de Paul McCartney et tâte du funk pour une collaboration avec George Duke, The Clarke/Duke Project.
À partir des années du milieu des 1980, les petit et grand écrans permettent à Clarke de bien garnir son carnet de commandes. Après avoir composé la musique de l'émission de télé Pee Wee's Playhouse, qui lui rapporte une mention au gala des prix Emmy en 1985, le musicien signe la bande originale de long métrage comme Boys n the Hood, What's Love Got to Do With It, Passenger 57, Poetic Justice ou Little Big League.
Parcours festivalier
En 1986, le Festival International de Jazz de Montréal accueille le musicien et son Stanley Clarke Band. Il faudra attendre neuf ans avant de le revoir, aux côtés du violoniste Jean Luc Ponty et du guitariste Al Di Meola pour le projet Rite of Strings. Dans l'intervalle, il avait lancé quelques disques à son nom - parmi lesquels un opus jazzy bien reçu par la critique, If This Bass Could Only Talk (1988) - et collaboré avec des musiciens de divers horizons, dont l'ex-batteur de The Police, Stewart Copeland, au sein du groupe Animal Collective.
En 2004, Clarke revient au Festival avec Ponty et Di Meola pour présenter à nouveau le concert Rite of Strings - la chimie des trois acolytes s'avère intacte. L'année suivante, Clarke et Ponty se pointent une fois de plus en trio, cette fois avec le banjoïste Béla Fleck.
Les retrouvailles de Return to Forever conduisent à une tournée qui s'arrête à la Place des Arts en 2008. Rebelote trois ans plus tard, alors que Clarke, qui fête ses 60 ans, se voit remettre le Prix Miles-Davis.
Le légendaire bassiste est l'un des deux invités de la prestigieuse série Invitation cuvée 2012. Il se produit à la tête du Stanley Clarke Band, accompagné du Harlem String Quartet, en duo avec la pianiste japonaise Hiromi et en trio avec les pointures Marcus Miller et Victor Wooten.