Fils aîné d'un célèbre clan jazzistique américain, Branford Marsalis est parvenu à façonner sa propre signature musicale. Son esprit novateur et sa polyvalence aiguë l'ont amené à tâter de plusieurs genres, du jazz à la pop en passant par la musique classique, toujours avec le même bonheur. Depuis ses débuts, il a accompagné de grandes pointures comme Miles Davis, Dizzy Gillespie, Herbie Hancock et Sonny Rollins. À l'aise en modes alto, ténor et soprano, le saxophoniste se distingue également comme leader et, par le biais de sa maison de disque, assume un rôle de mentor auprès de la génération montante. Il enseigne également au niveau universitaire un peu partout aux États-Unis.
Quelle famille
Branford Marsalis naît à la Nouvelle-Orléans en 1960. Il tombe tout jeune dans la marmite musicale. Son père, Ellis, est considéré comme l'un des meilleurs pianistes de la cité louisiannaise. Avec ses frères Wynton (trompette), Delfeayo (trombone) et Jason (batterie), Branford contribuera très tôt à enrichir l'héritage familial.
En 1979, le jeune saxophoniste entre au prestigieux Berklee College of Music, à Boston. L'année suivante, il se joint aux Jazz Messengers d'Art Blakey, avec son frère Wynton, Il passe ensuite quelques mois avec le grand orchestre de Clark Terry avant de renouer avec la bande à Blakey.
En 1982, il suit Wynton, qui vient de fonder son propre quintette. À la même époque, le musicien participe à la tournée V.S.O.P. II montée par Herbie Hancock, qui s'arrête au Festival en 1983. Il lance par ailleurs Scenes in the City, son premier disque à titre de leader, et prête ses talents à Miles Davis pour l'enregistrement du disque Decoy, en 1984.
Branford quitte la formation de Wynton en 1985 pour aller donner un coup de pouce à Sting, l'ex-chanteur et bassiste du groupe The Police, qui entame une carrière solo. En résulte un froid, intense mais passager, entre les frangins Marsalis.
À l'aventure
Après avoir enregistré deux albums et participé à une tournée internationale, Marsalis dit au revoir à Sting. Il entend désormais se dévouer à sa carrière solo. En 1986, il fait paraître Romances for Saxophone, un disque de musique de chambre, son tout premier enregistrement classique.
La même année paraît Royal Garden Blues, pour lequel le saxophoniste fait appel à son père Ellis, qui partage le piano avec Herbie Hancock, et à son frère Delfeayo, qui assure la production. Le disque est finaliste aux Grammy Awards dans la catégorie Best Solo Jazz Instrumental Performance.
En 1989, Marsalis débarque au Festival en formation trio aux côtés du pianiste Kenny Kirkland et du batteur Jeff Tain Watts. L'année suivante, le saxophoniste collabore à la bande originale de Mo' Better Blues, du réalisateur Spike Lee. Il signe notamment la pièce Jazz Thing, coproduite par DJ Premiere et interprétée par le rappeur Gangstarr, qui croise avec succès jazz et hip-hop.
Un peu de blues
Lancé en 1992, le disque I Heard You Twice the First Time est un intermède blues qui permet à Marsalis d'échanger avec les vénérables B.B. King, John Lee Hooker. Les frangins Delfeayo et Wynton sont au rendez-vous.
Marsalis ajoute un intéressant fait d'armes à son cv, la même année, lorsqu'il accepte la direction musicale de la populaire émission The Tonight Show, animée par Jay Leno. Il y restera deux ans.
En 1994, le saxophoniste met sur pied la formation Buckshot LeFonque, qui doit sa raison sociale à un pseudonyme utilisé par le saxophoniste Cannonball Adderley durant les années 1950. Un premier disque éponyme voit le jour, qui est fort bien reçu par la critique. Marsalis brasse allègrement hip-hop, jazz classique et spoken word. Le trompettiste Roy Hargrove et la Maya Angelou participent à l'exercice.
Renouant avec ses racines, le saxophoniste accompagne son paternel sur la scène du Festival cuvée 1996. Les Marsalis père et fils viennent présenter des extraits de leur album Loved Ones, un hommage romantique aux femmes inoubliables qui ont inspiré les jazzmen américains... dont Dolores Marsalis, épouse d'Ellis et maman de Branford.
Les années 2000
Après presque deux décennies passées chez Columbia, le saxophoniste fonde sa propre étiquette, Marsalis Music, en 2002, et s'emploie à mettre en valeur le talent d'artistes émergents comme Harry Connick Jr.
Au cours des années 2000, le musicien se consacre à l'enregistrement d'une série de disques studio de bon calibre : Footsteps of Our Fathers (2002), Romare Bearden Revealed (2003), Eternal (2004) et Braggtown (2006). Parallèlement, Marsalis joue les solistes invités pour bon nombre d'orchestres classiques sur la scène internationale.
En 2009, le quartette du saxophoniste célèbre ses 10 ans d'existence. Pour souligner l'occasion, la formation complétée par le pianiste Joey Calderazzo, le bassiste Eric Revis et le batteur Jeff Watts fait paraître le disque Metamorphosen. La même année, Marsalis et ses acolytes participent à la 30e édition du Festival.
