Place du quartier des spectacles et maison du festival de jazz
« Assurer la pérennité de nos grands événements »
Entrevue d'Alain Simard
Président-fondateur du Festival
En plus de présenter une programmation qui en surprendra
plus d’un, le Festival International de Jazz de Montréal
inaugurera l’été prochain, pour son 30e anniversaire, deux
lieux extraordinaires : la place du quartier des spectacles et la
maison du festival de jazz. Alain Simard nous explique le rôle et
l’importance que vont jouer ces nouveaux éléments du paysage
culturel montréalais.
Sentez-vous, depuis la tenue de Rendez-Vous 2007,
métropole culturelle, l’automne
dernier, une réelle volonté de la part de
nos élus de faire en sorte que Montréal se
positionne comme une grande métropole culturelle ?
Alain Simard: Certainement ! Il est ressorti
de ce sommet, réunissant les trois paliers de
gouvernement avec les leaders des milieux
culturels, économiques et touristiques, un réel
consensus pour prioriser le développement du
Quartier des spectacles et des grands festivals
afin de confirmer l’image de Montréal comme
métropole culturelle incontournable. On sent
déjà poindre chez nos élus et les fonctionnaires
un nouvel esprit de partenariat visant à trouver
des solutions concrètes pour faire face à la concurrence
des grandes villes comme Toronto qui
envient nos succès internationaux.
Pouvez-vous nous rappeler en quelques
mots ce que représente le Quartier des spectacles ?
Les travaux de la future place du Quartier des spectacles ont
débuté aux abords de la rue Jeanne-Mance.
Alain Simard: Grosso modo, c’est le secteur du centreville
où se déroulent le Festival International
de Jazz de Montréal, Les FrancoFolies de
Montréal et le Festival Juste pour rire, là où
l’on retrouve une vingtaine de salles de spectacles
et des lieux publics propices à la tenue
des grands événements qui font la réputation
de Montréal. Tout a été mis en place pour
revitaliser et mettre en valeur ce
quartier, pour préserver son effervescence
culturelle et stimuler son
développement immobilier, tout en
y aménageant plusieurs lieux publics
magnifiques qui assureront
la pérennité de nos grands événements.
Nul doute qu’avec la qualité
des aménagements prévus par
les urbanistes Clément Demers et
Daoust Lestage (à qui l’on doit le
Quartier international de Montréal
et la place Jean-Paul-Riopelle), le
Quartier des spectacles deviendra
au cours des prochaines années
une véritable destination touristique permanente
pour Montréal.
Concrètement, qu’est-ce que la création de
la place du Quartier des spectacles, qui sera
inaugurée l’été prochain, va changer ?
Alain Simard: Ce sera le début d’une nouvelle ère pour
les festivals puisqu’il s’agit d’un nouvel équipement
public conçu pour accommoder les grands
rassemblements populaires. Les aménagements
des rues Jeanne-Mance et Sainte-Catherine
seront aussi revus pour éliminer les chaînes de
trottoir et constituer un gigantesque parvis pouvant
recevoir des foules considérables. Après
des années à squatter des terrains vacants de
plus en plus menacés par le développement
immobilier, le Festival de Jazz et ses milliers de
festivaliers auront enfin droit à un site qui sera
considérablement amélioré et qui assurera la
tenue de ses futures éditions.
L’édifice Blumenthal, situé entre les rues Jeanne-Mance et
De Bleury, sera transformé en Maison du Festival de Jazz
Pouvez-vous nous donner plus de détails
sur cette Place ? À quoi va-telle
servir ? En quoi est-elle
différente des autres places
comme, par exemple, la place
Jean-Paul-Riopelle du Quartier
international ?
Alain Simard: Les architectes ont conçu
une grande place publique avec des jeux de fontaines illuminées,
dessinés par Michel Lemieux, et un aménagement paysager qui
mettra en valeur la dénivellation naturelle du terrain avec des surfaces
en dur au niveau de la rue Jeanne-Mance, tout le long de la façade du
Musée d’art contemporain qui prendra enfin
toute sa dimension. Tous les événements montréalais
pourront l’utiliser et je suis certain que
son existence même suscitera des idées pour
l’animer à l’année longue. On pourrait par exemple
y tenir un Marché de Noël comme en Europe
ou le MAC pourrait peut-être y tenir un symposium
de sculpture durant l’automne ?
Outre la place du Quartier des spectacles, il
y aura l’inauguration de la Maison du Festival
de Jazz. Expliquez-nous à quoi servira cette Maison.
Alain Simard: Le Festival International de Jazz de
Montréal aura enfin pignon sur rue à l’année
avec ce nouveau complexe culturel de sept
étages qui accueillera, au rez-de-chaussée, le
célèbre resto-club de jazz Upstairs, avec de la
musique live 364 jours par année, en plus d’une
salle polyvalente de 300 places consacrée aux
musiciens de jazz, de blues et des musiques
du monde. Le festival ouvrira aussi sa Galerie
au 2e étage ainsi qu’une salle d’exposition permanente,
et son Temple de la renommée du
jazz. Le grand public pourra aussi consulter les
archives audiovisuelles du Festival, au 3e étage,
tandis que les autres paliers seront occupés
par les locaux de la logistique, de la production
et de l’aménagement. Les autres festivals se
tenant sur la place adjacente pourront aussi
utiliser ces facilités logistiques qui profiteront à
tous les Montréalais.
Quelle est votre vision du Festival à long terme ?
Alain Simard: Avec tous ces nouveaux équipements
et places publiques qui viendront compléter
le Quartier des spectacles au cours des prochaines années, le Festival pourra se
développer de manière encore plus professionnelle
et accueillante pour ses visiteurs, d’autant plus que son site sera
considérablement embelli. Et la Maison du Festival de Jazz
lui permettra de remplir sa mission à longueur
d’année auprès des Montréalais et des
touristes, sans compter tous les mélomanes
et musiciens qu’il rejoindra dorénavant avec
la version virtuelle de la Maison sur Internet,
ce qui lui permettra de rayonner encore plus
à l’international. Déjà reconnu comme le plus
important au monde, le Festival International de
Jazz de Montréal deviendra sans doute le plus
grand rassemblement musical de la planète,
notamment avec l’élargissement de son mandat
de promotion de la pratique musicale, par le
biais de son Salon des instruments de musique
de Montréal (SIMM) et du Salon de Guitare de
Montréal (SGM)]. Il sera donc là pour longtemps
pour faire découvrir les nouveaux aventuriers de
la note bleue et perpétuer les chemins tracés par
les grands du jazz et de ses musiques voisines.
J’espère bien être là pour célébrer le
50e anniversaire du Festival avec vous !